Le saturnisme infantile sévit toujours en France, malgré les nombreux textes réglementaires pour l’éradiquer. Alors que de nombreux établissements scolaires ont été construits au XIXe siècle et au XXe, avant 1949, un sénateur a alerté récemment la ministre du Logement et de la Rénovation urbaine sur l’urgence d’étendre les contrôles de repérage plomb au sein de ces bâtiments, au moins dans les écoles maternelles et primaires. Cette décision permettrait d’accélérer la lutte contre l’exposition au plomb des jeunes enfants. En effet, bien que les pouvoirs publics se sentent très concernés par cette problématique, l’éradication concrète du plomb dans les écoles tarde à venir. Et si un dossier technique plomb était créé ?
Le plomb est un risque historique qui nécessiterait un contrôle périodique dans les écoles
L’utilisation généralisée du plomb dans la construction jusqu’à une période relativement récente expose potentiellement des milliers d’enfants sur notre territoire. Qui plus est, de nombreuses écoles comportent ce composant toxique dans leurs peintures et leurs revêtements. Ces lieux, qui accueillent de jeunes enfants, les plus vulnérables face à ce fléau, constituent des espaces au sein desquels le risque d’exposition peut s’avérer élevé, d’autant plus si les locaux s’avèrent vétustes. Or, jusqu’ici, il n’existe pas dans ces bâtiments un dossier technique obligatoire relatif au plomb, comme c’est le cas au regard de l’amiante au travers du dossier technique amiante (DTA) obligatoire. Le plomb dans les écoles devrait être évalué de façon périodique ainsi que maitrisé dans le temps pour s’assurer de l’absence de tout risque d’intoxication dans des espaces très fréquentés par ses victimes potentielles.
Contrôle du plomb dans les écoles : à quand un dossier technique pour gérer le plomb ?
L’instauration d’une obligation suivie de diagnostic plomb dans les écoles, voire mieux, d’un dossier technique plomb similaire au DTA, semble judicieuse. Ce dossier technique plomb permettrait d’identifier la présence éventuelle de zones à risque plomb dans les bâtiments scolaires antérieurs à 1949. De surcroît, il permettrait de contrôler l’état de conservation du plomb présent dans le temps et de planifier des travaux de recouvrement ou de retrait de plomb, lorsque c’est nécessaire. Le dossier technique plomb éventuellement créé serait conservé comme doit l’être le DTA, toujours à jour et modifié dès que le niveau de risque a évolué. Il serait également mis à la disposition de toutes les personnes impliquées par la présence de plomb : le corps enseignant, le personnel, les parents, les entreprises d’entretien ou de travaux ainsi que les administrations de santé. Cet outil de prévention du risque plomb dans les écoles, mais aussi dans tout immeuble professionnel susceptible de contenir ce fléau, s’inscrirait dans une politique globale de protection de la santé des plus jeunes et plus globalement de toute la population.